Un cabouron, c’est quoi ?

Le mot « cabouron » désigne, au Kamouraska, nos collines qui émergent de la plaine, à la manière des îles qui surgissent du fleuve. Ces formations rocheuses sont appelées inselbergs ou monadnocks dans le langage scientifique.

Par leur nombre et leur disposition en archipel, les cabourons du Kamouraska, en continuité avec les îles et archipels du fleuve Saint-Laurent, constituent un ensemble géologique et géographique unique, que ce soit au Québec ou au Canada.

À fins de protection, la Société des Cabourons du Kamouraska définit comme un cabouron toute colline rocheuse de plus de 30 mètres qui se profile de la plaine du Saint-Laurent, faisant saillie dans le paysage et offrant une impression visuelle remarquable, telle que vue des corridors paysagers de la MRC de Kamouraska.

Les cabourons sortent du paysage, car ils sont composés de roches particulièrement dures: le quartzite et le grès.

Lorsque le glacier couvrant le bouclier canadien, puis la mer de Goldthwait, se sont retirés, la glace et l’eau ont érodé le sol, entraînant les roches sédimentaires meubles. Les cabourons, plus durs, sont restés en place, devenant des îles au fur et à mesure que le niveau de la mer baissait. 

Savez-vous que c’est l’érosion qui leur a donné leur forme arrondie si particulière ? C’est pour la même raison que les galets d’une rivière sont arrondis alors qu’une pierre directement extraite de la montagne a plusieurs facettes.

Les cabourons abritent une flore et une faune différentes des terres qui les entourent. Il s’agit d’espèces typiques de la forêt boréale du Grand Nord.

Il y a bien longtemps, le Québec était recouvert par de grands glaciers. Quand ils se sont retirés, la forêt boréale s’est établie sur l’ensemble du territoire. Par la suite, le climat s’est réchauffé. Les espèces arctiques ont été repoussées vers le nord ou sur les montagnes, où les températures restent plus fraîches. 

Nos pins gris en sont un bon exemple. Ils font partie des rares peuplements de cette espèce au sud du Saint-Laurent, alors qu’on les retrouve habituellement au nord de la Baie James et de la Côte-Nord. Sur nos cabourons, les pins gris s’observent  sous deux formats. À leur sommet, ils prennent la forme de bonsaïs rabougris pour survivre au vent et aux autres intempéries venus du fleuve Saint-Laurent. Sur les pentes, ils s’élèvent vers le ciel. 

Certains cabourons abritent des lichens rares, tandis que d’autres renferment des lacs en voie de tourbiérisation.

D’ailleurs, Horizon Nature Bas-Saint-Laurent, partenaire de la Société des Cabourons du Kamouraska et de la MRC de Kamouraska, réalise en 2026 une caractérisation bioécologique de cet écosystème unique.